35e anniversaire

Historique






CHAPITRE 1

La SHEL (1971-1983),
d'abord et avant tout, un outil de formation



1971. C'est l'année de la tempête du siècle (4 mars 1971); c'est également l'année du tragique glissement de terrain de Saint-Jean Vianney au Saguenay (5 mai 1971); c'est la dix-septième conquête de la Coupe Stanley par le Canadien de Montréal (18 mai 1971); c'est aussi la première du meilleur film québécois de tous les temps " Mon oncle Antoine ". Pour l'amateur d'horticulture lavallois, 1971 représente aussi une date marquante. En effet, c'est le 28 octobre de cette année-là qu'a eu lieu la réunion de fondation de la Société d'horticulture de Laval au 901 avenue du Parc à St-Vincent-de-Paul. A noter qu'à cette époque, notre société ne comportait pas encore de volet écologique.

L'idée de créer une société d'horticulture mûrissait depuis quelque temps déjà dans la tête de M. Paul Pouliot, horticulture de renom et dans celle de M. Maurice Blain, coordonnateur du Centre de la Nature de la ville de Laval.

Quelques mots concernant ces deux individus qui ont joué un rôle prépondérant au sein de notre société.

Paul Pouliot agronome de formation, était déjà, à l'époque, un spécialiste de l'horticulture. Il signait une rubrique horticole dans le journal " La Presse ". Il avait déjà publié: " Le jardinage, guide pratique du jardiner " aux Editions de l'Homme en 1969.

Par la suite, M. Pouliot publiera d'autres volumes. Nous nous devons de mentionner entre autres titres: " Les techniques du jardinage " en 1973 " Les plantes d'intérieur " et " Votre potager " en 1974, " Arbres, haies et arbustes en 1976 " et " 1001 questions de jardinage " en 1987, et c'est sans compter les rééditions.






Paul Pouliot


M. Pouliot fut nommé président du conseil d'administration provisoire de la Société d'horticulture de Laval en ce 28 octobre 1971.

Quant à M. Maurice Blain, il était à l'époque le coordonnateur du Centre de la Nature mais on peut affirmer, sans se tromper, qu'il en est aussi l'idéateur, le visionnaire. C'est, en grande partie, grâce à lui qu'un trou béant, une ancienne carrière, s'est transformé en un parc convivial où il fait bon vivre. Le Centre de la Nature fut ouvert au grand public en 1971.

M. Blain ne fera pas partie du premier conseil d'administration provisoire de la Société mais il en demeurera un précieux collaborateur, un membre actif, sans compter qu'il se joindra dès l'année suivante au conseil d'administration officiel à titre de premier vice-président.

La première réunion mensuelle de la Société s'est tenue le 24 novembre 1971 au Centre de la Nature. On y a traité de divers sujets horticoles : quelques notions de base concernant la protection des plantes, la taille et l'émondage des arbres, des arbustes et des haies, la culture des plantes de maison.

Déjà, à la fin de cette première réunion, la direction de l'Education permanente de la Commission Scolaire Régionale Duvernay offrait sa collaboration afin d'élaborer un cours en horticulture. Les seuls cours disponibles à l'époque se donnaient au Jardin Botanique de Montréal.

Les cours ont démarré à Laval le 3 février 1972 et le mode de fonctionnement de notre Société était déterminé en grande partie par ces cours : une rencontre mensuelle, le troisième jeudi de chaque mois et des cours d'horticulture, une fois la semaine, les autres jeudis. En 1975, il y avait 225 élèves en études horticoles, par exemple. Evidemment, les cours avaient transporté leurs pénates à la polyvalente Georges Vanier.

Ce n'est que le 27 janvier 1972, que notre Société deviendra une société d'horticulture et d'écologie. Cette proposition fut mise de l'avant par M. Raymond McLean appuyé par M. Ed Le Gresley.

La Société a été constituée en corporation par lettres patentes en date du 21 juillet 1972.

La SHEL. est essentiellement un organisme d'éducation et de bien-être dans le domaine des loisirs. C'est un organisme à but non-lucratif.

Ses principaux objectifs sont de : - diffuser les connaissances horticoles et écologiques ainsi que les techniques et pratiques de culture des plantes ornementales, potagères et fruitières; - travailler à la protection et à l'amélioration de l'environnement; - collaborer avec les autorités compétentes afin de favoriser l'embellissement du milieu - faciliter les échanges entre les membres.

Les réunions mensuelles, au cours desquelles se déroulait généralement une causerie, avaient lieu, au tout début, au Centre de la Nature mais la Société a parfois tenu ses rencontres en d'autres lieux. La Société a convoqué, lors de sa première année, une réunion chez W.H. Perron, une jardinerie fort connue, à l'époque. Les membres de la Société se sont également rendus à Saint-Lambert sur invitation de M. De Maisonneuve.

A ses débuts, les conférenciers offrant des causeries à la SHEL provenaient de diverses sources : des membres de la société oeuvrant dans le domaine (jardineries, semences, etc.), des retraités du Jardin Botanique de Montréal ou encore des contacts de M. Pouliot. Les conférenciers ne recevaient pas de rétribution comme telle. La SHEL leur remettait une " plaque de mérite ".

Un premier concours de la Société est ouvert aux membres en 1973. Il s'agit d'un concours de boîtes à fleurs. Ce premier concours se déroulera du 15 juillet au 15 août 1973. Les membres étaient obligés de faire parvenir une photo couleur accompagnée d'un coupon d'inscription. La boîte devait être transportable, de forme rectangulaire et contenir des plantes annuelles seulement et l'arrangement devait être l'œuvre de l'amateur participant. M. Paul Lachapelle gagna le premier trophée " La Presse " dans la catégorie " grand public " et M. Claude Richer obtint le premier trophée de la Société dans la catégorie " membres de la SHEL. ". Ce concours pavera la voie à d'autres concours qui deviendront des évènements annuels de la Société sous le vocable " concours d'embellissement ". Les concours toucheront, outre les boîtes à fleurs, les cours avant/arrière, les rocailles, les potagers, les bulbes.



Photo regroupant les gagnants des divers concours de la SHEL (1983)
sous la présidente de Madame Magella


D'autre part, une tradition s'installe au sein de la Société, une fête annuelle réunissant tous les membres de la Société. En fait, cette fête se déroulait à la fin de la session des cours d'horticulture. La fête prendra donc la forme d'une fête champêtre au départ.

Par la suite une rencontre annuelle réunissant les dirigeant présents et passés de la Société aura lieu dans le temps des Fêtes. Aujourd'hui cette réunion se fait à l'occasion de la Saint-Valentin.

C'est également à cette époque que la Société se dote d'un logo. Le logo de notre société est le fruit du travail d'étudiants de l'Institut des arts graphiques qui, à la demande de M. R. Longpré, professeur à cet endroit, ont soumis divers logos à la Société.

En 1975, M. Larochelle fait une demande à la Société afin qu'elle incorpore son club d'amateurs de violettes africaines à notre groupe. La SHEL aura dorénavant une section " violette africaine " qui tiendra ses propres activités.

La SHEL va évoluer pendant 5 ans sous la gouverne de M. Paul Pouliot et de ses collaborateurs. C'est sous sa direction que la SHEL se dotera d'un médaillon.

Au terme de ces 5 ans, la SHEL va constater que d'autres amateurs de plantes des villes environnantes fondent leurs propres groupements. Déjà là, notre société devait faire face à la compétition et se distinguer par rapport aux autres sociétés d'horticulture.

Le président Pouliot dans son dernier rapport annuel soulignait les diverses réalisations de la société : - " la diffusion de connaissances horticoles au grand public par l'intermédiaire des cours d'horticulture du Service de l'éducation aux adultes de la Commission scolaire régionale de Duvernay et de nos conférences mensuelles, la tenue de concours d'embellissement et d'exposition d'art floral ". Il souhaitait, par ailleurs, quant aux projets futurs créer un centre de documentation horticole et développer davantage la mission écologique de notre Société.

Qu'en était-il de la clientèle de la SHEL à cette époque ? Le membre-type était, en fait, un couple d'âge moyen, propriétaire d'un immeuble (souvent un bungalow) qu'il voulait mettre en valeur. Est-ce que le type de notre clientèle a vraiment changé depuis ?

Il faut noter que lors de la naissance de la SHEL, plusieurs sociétés horticoles existaient (celles de Montréal, de Québec, de Saint-Lambert, de Montréal-Ouest, par exemple). Leurs membres provenaient souvent du milieu anglophone. Les anglophones du Québec se sont intéressés plus rapidement que les francophones à l'horticulture et à l'écologie.

Le 9 novembre 1976, M. Pouliot se retire de la présidence. Il considérait qu'un mandat de e cinq ans à la tête d'un organisme était amplement suffisant. Il ne voulait pas que la Société ne devienne la " chose d'un seul homme ".





Jean-Paul de la Sablonnière, qui était le premier vice-président, l'année précédente, lui succède.


Jean-Paul de la Sablonnière


Le mandat (1976-1977) de M. de la Sablonnière sera de courte durée. Néanmoins, c'est pendant ce mandat que se développera une collaboration très étroite entre la ville de Laval et la SHEL. M. Maurice Blain, membre éminent de notre société, mais aussi coordonnateur du Centre de la Nature et représentant de la ville de Laval auprès de notre société a présenté en janvier 1977 un projet de clinique horticole que notre Société organiserait de concert avec la ville. Ce projet est accepté et sera couronné de succès. En effet, cet évènement, tenu du 13 au 19 mars, a vu 375 personnes venir chercher de l'information. La deuxième activité en collaboration avec la ville de Laval a été la semaine d'embellissement (du 15 au 21 mai de la même année) où cinq conférences traitant de sujets divers ont été offertes par cinq de nos membres.

Ce lien solide créé entre la ville et la Société, bien qu'il ait pris diverses formes au fil des ans existe encore.

C'est également sous la direction de M. de la Sablonnière que le comité de bourse d'études, en collaboration avec le Cercle des jeunes naturalistes, met sur pied un concours dont le thème sera " Mon Centre de la Nature, je le connais ". Quatre bourses de 40$ seront décernées aux jeunes gagnants. Il y a eu 300 inscriptions. Six jeunes seront finalement honorés le 18 mai (bourses, livres).

Paul Pouliot a fait un retour à la SHEL à titre de conférencier en cette même journée. Son sujet : Jardiner ou l'art de mieux vivre. Avec beaucoup d'humour et de bagout, M. Pouliot rappelle son credo : " jardiner ne devrait pas être un esclavage mais un passe-temps agréable ".

A compter de 76-77, le concours d'embellissement s'adresse uniquement aux citoyens de Laval et aux membres de la Société. Ce cinquième concours est couronné de succès. Lors de la remise des prix, la SHEL souligne le grand dévouement de M. Claude Richer, responsable des quatre premiers concours de la Société en lui offrant un trophée.





Le 19 octobre1977, Jean-Paul de la Sablonnière cède la place à M. Jacques Lafrenière à titre de président de la SHEL. M. Lafrenière dirigera un conseil d'administration, qui accueille en octobre 1977, sept nouvelles personnes. Quatre membres du conseil 75-76 dont M. Lafrenière assureront la transition.



Jacques Lafrenière


M. Lafrenière n'est pas un inconnu dans le milieu horticole. Après avoir suivi un cours professionnel en horticulture au Jardin Botanique de Montréal de 1956 à 1958, il a travaillé par la suite dans le milieu, entre autre comme chef de section au Jardin Botanique de Montréal. Mentionnons aussi qu'il a fondé en 1978 la Fédération des sociétés d'horticulture et d'écologie du Québec et en a présidé les destinées jusqu'en 1980. M. Lafrenière a aussi collaboré régulièrement à diverses publications dans les années 80: Protégez-vous, Le Condensé pratique du jardinage, Mon jardin, Vivre, Rénovation et Bricolage, Fleurs, Plantes et Jardins. Il a agit à titre de chroniqueur horticole à Radio-Canada et se trouve à l'origine du concours Villes et villages fleuris. Mais revenons à la période qui nous occupe :1977.

Le premier geste du conseil 1977-1978 présidé par M. Lafrenière a été de réaliser un sondage auprès de nos membres. Quelles étaient les attentes des membres à l'égard de la Société ? Quelle était leur disponibilité ? Dans quelle mesure la programmation 77-78 répondait-elle à leurs attentes? Les membres étaient-ils intéressés par des ateliers sur la qualité de l'air, l'étude des berges? La consultation devînt donc, à compter de ce moment, une façon d'établir la programmation à venir. On peut dire que M. Lafrenière a instauré ce mode de fonctionnement.

L'évènement marquant de la saison 77-78, outre les rencontres mensuelles où l'on note une baisse de fréquentation en comparaison des années précédentes et le concours d'embellissement annuel, fut la réalisation de cliniques horticoles et la tenue d'un colloque en avril 1978 Le conseil de l'époque a, de concert avec M. Pierre Méthivier, organisé des ateliers sur les plantes d'intérieur et les violettes africaines, les arbres et arbustes, les plantes vivaces et annuelles ainsi que sur la culture potagère; M. Lafrenière a prononcé lui-même un exposé sur la situation statistique de l'horticulture ornementale au Québec et il y a eu un atelier sur l'horticulture comme loisir, sans compter une conférence sur le même sujet, à savoir : Interprétation et ré-orientation de l'horticulture sous forme de loisir.

Le colloque a connu un succès mitigé. La SHEL s'en est tiré avec un déficit de 300$.

Il faut par ailleurs mentionner le dépôt d'un mémoire au Ministère de l'Education concernant le Livre Vert. Dans ce mémoire, la SHEL suggérait que l'écologie soit plus accessible aux étudiants du secondaire, qu'en plus des cours de botanique offerts dans les écoles, il serait souhaitable d'offrir des cours d'horticulture et qu'une activité comme le Cercle des jeunes naturalistes devrait être mise en place au niveau para-scolaire.

Enfin, il était également question à l'époque d'un projet en collaboration avec les bibliothèques de la ville de Laval. La SHEL se montrait intéressée à aider la ville à élaborer une section " horticulture ", en la conseillant dans l'achat des livres et revues concernant le domaine.

Une nouvelle ère devait s'amorcer en octobre 1978. M. Lafrenière, en raison de ses nombreuses activités ne sollicitait pas un renouvellement de mandat.







C'est Jacques Beaudry qui le remplaça. Il demeura président de la SHEL durant cinq ans, soit jusqu'en mai 1983.



Jacques Beaudry


Cette nouvelle période marque le retour des deux pères-fondateurs de la Société, Messieurs Pouliot et Blain au sein du conseil d'administration.

Cette période a vu la Société s'impliquer davantage sur le plan environnemental. En effet, c'est sous la direction de M. Beaudry que la SHEL s'est opposé vertement à l'implantation d'une usine de traitement de résidus industriels sur le territoire de ville de Laval, projet mis de l'avant par la compagnie Stablex. Une résolution a été approuvée à l'unanimité par les membres du conseil d'administration lors d'une réunion spéciale tenue le 27 octobre 1980. La SHEL invoquait que ce projet constituait une un danger pour la sécurité et la santé des résidants de Laval, qu'une telle usine entraînerait possiblement la venue éventuelle d'industries polluantes à Laval et que selon le projet, l'usine en question serait en partie installée sur un territoire zoné agricole.

Les conférences étaient particulièrement prisées à cette époque. Deux fois en 1979, une conférence de la SHEL a réuni plus de 200 personnes, en mars et en avril pour être plus précis. D'ailleurs le record toute catégorie pour une conférence de la SHEL est détenu par M. Phillipe Fol qui a attiré 209 personnes à sa causerie intitulée " L'aménagement paysager et la préparation du jardin " Le conseil avait le don, à cette période, de concocter des saisons vraiment diversifiées.

Un évènement de très grande envergure en horticulture s'est déroulé en 1980. Nous parlons évidemment des Floralies. En effet, Montréal a été choisie comme ville hôtesse des Floralies Internationales. Ce spectacle floral hors du commun était offert pour la première fois en Amérique du Nord. Il était hors de question pour la SHEL de ne pas souligner l'évènement. M. Georges Boisard a donc prononcé devant nos membres une conférence sur l'évènement à venir. La Société a organisé pour ses membres des visites guidées qui ont connu un succès retentissant.

Outre les cliniques horticoles qui existaient toujours en collaboration avec la Ville de Laval, la SHEL a tenu un kiosque au Centre d'achats Laval pour se faire mieux connaître de la population.

Dans la même veine, la SHEL a permis aux non-membres d'assister à ses conférences à compter d'octobre 1980 moyennant la somme de 1$.

C'est également sous la gouverne de M. Beaudry que les sorties sont devenues monnaie courante. Il suffit de mentionner, à titre d'exemple : les voyages à Ottawa pour admirer les tulipes en mai 81, celui aux serres de Ste-Madeleine en juin 82 ou encore la découverte de la forêt de Saraguay en mai 82.

Autre évènement à signaler : notre 10ème anniversaire. Par suite d'une suggestion de M. Paul Pouliot, il a été décidé de souligner nos 10 ans d'existence. L'évènement a eu lieu le 16 décembre 1981. Une fête intime au cours de laquelle M. Pouliot a lui-même procédé à une rétrospective historique de la SHEL; Mme Légaré a fait une démonstration d'art floral. Vin d'honneur et buffet ont été servis aux pionniers de la SHEL, aux membres du conseil de l'époque et aux dignitaires présents.



M. Paul Pouliot en compagnie de la vice-présidente Mme Magella Jarry
à l'occasion du 10ème anniversaire (16 décembre 1981)


C'est également au cours cette période que notre Société a fait l'objet d'un reportage télé diffusé à Radio-Canada dans le cadre de l'émission " La Semaine Verte ".

Nos concours de boîtes à fleurs et d'embellissement ont été mis en veilleuse avec l'avènement du concours " Villes et villages fleuris du Québec " en 1980 mais compte tenu du peu d'engouement manifesté par les lavallois à l'égard de cette activité, la SHEL a repris son concours de boîtes à fleurs et d'embellissement à l'interne.

En 1982, Mesdames Magella Jarry et Odette Mercier ont rédigé au nom de la SHEL un mémoire qui fut déposé dans le cadre de " Consultaction Laval 1982 ". Cette consultation auprès de nombreux organismes de Laval, dont le nôtre, visait à permettre à l'administration municipale de déterminer quel soutien (financier ou autre) de compétences municipales devait-elle fournir. C'est sur ce mandat bien rempli que se termine ce premier chapitre où vous avez été témoin des premiers pas de notre Société d'horticulture et d'écologie.






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24 août 2007